sur le fil

Bonheurs minuscules et jours imparfaits d'une vie ordinaire

04 juin 2008

Petits bonheurs à la pelle

Quelques petits bonheurs péchés dans le gris de ces deux dernières journées ....
- Quelques heures passées avec l'enfant-sourire, qui peut oublier enfin ces longs mois de travail ininterrompu pour s'adonner au plaisir simple de ne rien faire; la trouver pâle et belle comme une peinture de Modigliani ...
- Me rendre à pied à mon nouveau bureau, le coeur qui bat comme pour un bal de débutantes; prendre le temps de saluer les gens que je croise régulièrement ou de papoter avec les mamies d'à-côté sans me mettre en retard; en revenir, toujours à pied, sous un déluge d'eau, le parapluie dressé contre le ciel ouvert ...
- Trouver l'enfant-cadeau sur les genoux de son père, captée par les belles images de Totoro, le doudou coincé au creux de son bras, et réaliser combien elle a grandi sous ses airs de toute-petite ...
- Partir sur les traces de l'enfant-lumière, en collectant les indices de son passage dans chacune des pièces qu'elle a traversé, et en sourire quand même, plutôt que d'exploser ...
- S'offrir l'imprévu d'un dîner au resto, dans un cadre idyllique, en tête à tête, un verre de rosé frais pour appeler l'été et nous tenir la chandelle ...
- Observer le petit-chat qui semble avoir complètement oublié ses frayeurs des premières heures, à le voir essayer d'attrapper la queue du chien qui balance ...

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02 juin 2008

Le premier jour du reste de ma vie ...

Le premier jour du reste de ma vie, la pluie nous a juste accordé une heure pour aller rendre visite au jardin, luxuriant de mauvaises herbes et de chardons que les précipitations incessantes de ces deux dernières semaines ont fait proliférer ... Mais heureusement, ils n'ont pas été les seuls. Les courgettes se sont étalées sans la moindre gène, les concombres ont grimpé au bambou, les tomates ont lancé entre elles un concours de croissance, les capucines jouent aux fleurs tropicales ... Et une belle surprise nous attendait : les radis étaient prêts à être cueillis : l'enfant-cadeau n'a pas résisté à la tentation d'en croquer un, et tant pis pour la terre qu'elle a mangé avec !
Nous avons pu couper également deux belles salade, du basilic, de la coriande ...
Premier joiur de la première moisson, que nous avons fièrement partagée avec les amis ! Si ça c'est pas un signe ...

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    Capu_haut                Tomates_haut

fleurs_jaunes_large       Courgettes

           Salades

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30 mai 2008

Solde de tous comptes (2)

Un peu vidée, un peu grisée par toutes ces attentions. Buffet somptueux. Cadeaux. Accolades, embrassades, mots doux, larmes aux yeux. Les marques d'affection ont été multiples, parfois inattendues. De quoi me donner force et courage pour tourner la page ... Une fois pour toutes.
Avec, dans la tête, cette chanson de Nougaro :

free music

Il faut tourner la page
Changer de paysage
Le pied sur une berge
Vierge
Il faut tourner la page
Toucher l'autre rivage
Littoral inconnu
Nu
Et là, enlacer l'arbre
La colonne de marbre
Qui fuse dans le ciel
Tel
Que tu quittes la terre
Vers un point solitaire
Constellé de pluriel

I
l faut tourner la page...
Redevenir tout simple
Comme ces âmes saintes
Qui disent dans leurs yeux
Mieux
Que toutes les facondes
Des redresseurs de monde
Des faussaires de Dieu

Il faut tourner la page
Jeter le vieux cahier
Le vieux cahier des charges
Oh yeah
Il faut faire silence
Traversé d'une lance
Qui fait saigner un sang
Blanc

Il faut tourner la page
Aborder le rivage
Où rien ne fait semblant
Saluer le mystère
Sourire
Et puis se taire

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29 mai 2008

Solde de tous comptes

805573629C'est mon dernier jour. Ce soir, une cinquantaine de personnes seront là, pour fêter mon départ autour d'un buffet offert par la direction. Ces dizaines de visages, souriants, amicaux,  croisés au fil de ces dix dernières années sont,  pour certains, juste des rencontres de circonstance; leur regard est sympathique et perplexe à la fois: je sais qu'ils se questionnent sur cette folie qui m'a prise de faire une croix définitive sur ce grand groupe et ses nombreux avantages ... Je leur oppose une désinvolte assurance, ma foi en un monde où les avantages sociaux ne font pas tout.   Et puis il y a ceux avec qui j'ai des liens, des acointances, des affinités; ceux-la me font confiance; ils me disent leur envie, leur admiration aussi; pas dupes, ils savent la fragilité et les doutes embusqués derrière cette belle assurance ...
Ce sont eux qu'il m'importe de quitter, et face à eux, et face aux jours meilleurs qui devraient m'attendre m'attendent, la super mutuelle et les 24 jours de RTT ne pèsent pas très lourd ...

Posté par sarkimi à 09:24 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2008

Bonne fête ...

A l'heure du petit-déjeuner, entre croissant et pain frais que mon Namoureux a ramené après avoir bravé le déluge, l'enfant-cadeau a sorti son petit paquet de derrière son dos et me l'a donné avec un bisou; une emprunte de sa petite main dans du plâtre, décorée à sa façon ... Les grandes filles ont pensé bien-être avec une séance de massage en spa ...
Un joli moment, qui me laisse néanmoins pleine de nostalgie.
Depuis toute petite, cette fête a revêtu une importance particulière; j'y pensais des semaines avant; pas assez d'argent de poche pour offrir à ma mère le merveilleux cadeau dont je rêvais pour elle, alors, je lui écrivais un poème, et j'allais demander, non sans avoir mille fois hésité, à la dame de la rue d'à côté dont les rosiers croulaient sous les fleurs, de bien vouloir me laisser couper quelques roses.
Le matin du jour J, on la laissait dormir un peu, et on arrivait dans sa chambre, avec le plateau du petit déjeuner et nos cadeaux . L'émotion me prenait et m'accompagnait pour la journée ...

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22 mai 2008

Travailler plus ...

Une petite dame, la soixantaine sans doute, tout sourire. Plutôt mince, les cheveux gris coupés courts, l'oeil pétillant. Je la vois discuter de loin avec le vendeur de voitures; elle lui remet un papier, lui serre la main, et s'en va.
Lorsque le vendeur revient vers nous, il semble troublé. Il nous confie alors que cette dame qui vient de partir vient de lui dire qu'elle était ravie que la loi Sarkozy sur le travail des retraités existe; grâce à cette loi, elle peut encore travailler et mettre ainsi un peu de beurre dans les épinards de sa maigre pension ! Mais qu'il se rassure, ça va très bien pour elle, elle a beaucoup de chance..titineverte
Son travail ? Tous les jours, du lundi au dimanche, elle se lève à deux heures du matin et distribue les journaux dans les boites aux lettres des abonnés. Pour cela, elle a besoin d'un véhicule fiable ... Alors elle fait un crédit pour s'acheter une voiture d'occasion qui ne consomme pas trop et qui ne tombera pas en panne ...
Elle n'aura pas droit à l'assurance décès sur ce crédit : celle-ci ne peut être contractée que jusqu'à 72 ans. Elle en a 74.

image sur pixelenvrac.com

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20 mai 2008

Petite lumière

Sans_titre_1Ces derniers jours, je pense à toi, tout le temps; à toute heure, ton absence fait de drôles de bruits; alors, pour répondre au silence de ces moments-là, je relis Christian Bobin; j'ouvre "Autoportrait au radiateur" ou "La plus que vive" au hasard, et j'y puise une vérité qui me fait sourire. Je retrouve, dans ce qu'il écrit, de quoi mettre de l'ordre et de la lumière dans le champ de bataille de mon coeur ...

"Dix heures du matin sur la terre, un verre de vin blanc à la main, je regarde la lumière jouer à saute-mouton par-dessus les tables du café.
Dix heures du matin dans le ciel, tu dois être en train de faire la grasse matinée, à peine dérangée par les anges qui refont l'appartement à côté du tien
."

Posté par sarkimi à 10:48 - Maman, jusqu'au ciel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2008

Trésor

Ce dimanche matin, soleil et hirondelles font enfin le printemps; l'enfant-cadeau court devant nous en chantant à tue-tête, et nous arpentons les rues du villages, selon un itinéraire bien précis; d'abord le boucher pour quelques fameuses brochettes de quelque fameux boeuf, puis le boulanger pour le pain frais et chaud, et pour se récompenser, un petit café en terrasse, ... un dimanche matin sur la terre, sans rien de bien exceptionnel, sinon ce sentiment d'être bien là où on est, et en mesurer la chance ... Pour rentrer chez nous, on passe par la rue de la Musique; sur une trentaine de mètres, les maisons défilent, biscornues, accolées les unes au autres, toutes anciennes et décrêpies, mais suffisamment hautes pour aller chatouiller la lumière; l'une d'elle a sa porte toujours ouverte, quelque soit la saison; sur son pas, une cagette, avec dedans, aujourd'hui, des salades et des fèves; elles gardent l'entrée d'un lieu mystérieux, dans lequel vit un étrange ermite; il ne parle pas français, il ne parle même pas du tout. Un poste de radio sans âge est allumé en permanence, qui chante en catalan. Cheveux et barbe hirsutes, l'air furieux en permanence, le vieux bonhomme vous sert en silence. Dans son antre, même l'enfant-cadeau fait silence, impressionnée par cet ogre-jardinier insensible à son charme. Elle sert ma main plus fort.
Ses fèves sont les meilleures que j'ai jamais mangées. Lorsque nous repartons, je sais que j'ai un trésor dans mon panier; je vais les écosser, retirer leur peau, une par une; puis les faire cuire et les servir en salade tiède avec de l'huile d'olive, du vinaigre balsamique, de l'oignon rouge  et du basilic. Cette salade m'aura bien pris une heure entière de préparation; mais, tandis que je les écossais, je songeais que sans doute, au train où vont les choses, parce que le temps semble toujours compté, parce que tout ce que nous consommons doit être vite fait, vite prêt, alors ce savoureux légume disparaîtra ...

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15 mai 2008

Silence, ça pousse ...

Hier soir, la pluie annoncée n'étant pas tombée, mon Namoureux et moi avons fait un saut au jardin, histoire d'abreuver nos jeunes plants ...  Nous arrosons, et les parfums de la terre montent jusqu'à nous.
Le soir qui tombe ferme les fleurs et pose un voile de lumière bleue sur la campagne alentour.
A l'autre bout bout des jardins, une joyeuse troupe s'active autour d'une sardinade.
Dans un moment, la nuit nous ramènera à nous, jardiniers rêveurs devant nos carrés miniatures ...

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13 mai 2008

Marseillaise

Trois jours marseillais, pour chanter, avec d'autres, pour d'autres. L'enfant-cadeau en tête à tête avec son père. MarseilleLes premières heures sont difficiles, un peu de culpabilité, un peu de regrets.
Et puis, je m'y fait. Je me surprends à ne plus compter les heures, à cesser de prévoir, d'organiser.
Traverser Marseille à pieds la nuit, parce qu'on a raté le dernier tramway; passer une matinée au marché de la Plaine, avec ses allées bondées, ses vendeurs qui vous interpellent, qui vous déballent leurs histoires avec bagout et sourires; mille visages croisés; marcher sur la Canebière déserte, à l'heure du match, les cafés avec leur écran géant et tous ces gens agglutinés devant qui vous feraient croire que c'est la coupe du monde qui se joue; le port, tout en bas, et ses énormes cargos chantants.

C'est une ville débordante, de bruits, d'odeurs, d'ordures aussi par endroit; une ville qui, peu à peu, fait reculer ses pauvres derrière ses portes. Marius, Panisse et les autres ne sont plus vraiment là, mais qu'importe. Les vrais habitants de Marseille, d'où qu'ils viennent, ont la ville chevillée au corps. Ils la portent avec fierté, comme s'ils y étaient nés.
Je garde en moi son battement de coeur, si particulier; une chamade, un oiseau bigarré; un tambour.

Peinture d'Alexandre Roche (www.galerieroche.com)

Posté par sarkimi à 12:11 - Bonheurs minuscules - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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