21 janvier 2008
Comme des promesses
Ce dimanche, nous t'avons rendu visite, avec Papa.
Je t'ai apporté des jacinthes, ces fleurs qui savent rire de l'hiver, et qui font comme des promesses.
Et je nous vois, avec nos fleurs, notre bouteille d'eau, notre chiffon pour essuyer les salissures, qui nous occupent les mains alors même que notre coeur se tient, vascillant, tout au bord du vide et du silence que nous renvoie ton nom inscrit sur la pierre.
18 janvier 2008
Sanctuaire
Je voudrais trouver un endroit dont je ferais un petit sanctuaire, un endroit, tout près, où je pourrais me rendre aussi souvent que j'en ai envie, pour t'apporter des fleurs et te parler un peu. J'y déposerai des cailloux, des mots doux, des trésors. Souvent, j'aurais envie de papoter avec toi.
Bien sûr, il y a le funérarium, mais, outre son éloignement, tous les morts autour font beaucoup de bruit, et m'empêcheraient d'avoir une conversation sérieuse avec toi.
Alors je me suis dit que je pourrais peut-être trouver un lieu que je ferai nôtre; un lieu joli, accueillant, qui pourrait te plaire. Et qu'importe si tu n'es pas vraiment sous la terre, puisque tu es partout.
14 janvier 2008
Voir le ciel de plus près
Ta mort aura bientôt deux ans; elle commence à peine à parler, à faire ses premiers pas.
(Dixit Christian Bobin, merci à lui.)
Tu nous as quittés, alors que dans le même temps ta petite-fille naissait; elle, en avance d'un mois et demi sur la date prévue, comme pour avoir le temps de te dire qu'elle était bien arrivée, comme pour te laisser partir plus légère.
Pendant une semaine, vous étiez toutes les deux à naviguer entre deux mondes, entre la terre et le ciel, reliées à la vie par tous ces tuyaux qui vous insuflaient l'air que vous n'aviez pas la force de respirer. Vous vous êtes toutes les deux battues avec rage, mais ce combat t'a peu à peu vidée de cette incroyable force de vie qui t'habitait.
Et alors que ta petite-fille, toute neuve dans ce monde, puisait dans sa toute neuve énergie, toi, impuissante face au mal qui t'envahissait, épuisée par ce combat truqué, tu partais voir le ciel de plus près.
Que faire de tout ce chagrin-là ? Comment vivre sans toi ?
Je me suis blottie dans le silence de ses bras
Je me suis frottée à l'hiver de sa joue
Mais elle n'était déjà plus là.
J'ai ombré ses paupières comme pour les jours de fête
J'ai poudré de soleil son teint des jours de pluie
Mais elle était déjà partie.
J'ai cherché sous sa main la caresse familière
J'ai posé tout contre elle ma tête pour qu'elle me berce
Mais tout était déjà fini.
13 janvier 2008
Bienvenue ...
Nos vies sont tissées de bonheurs minuscules et de jours imparfaits. Pour avancer, j'ai besoin d'aller les chercher, de les trouver, et de les nommer. Ne serait-ce que pour ne pas oublier de les vivre.
Ma vie est en orbite autour des êtres qui me sont chers, mes trois filles, l'enfant-sourire, l'enfant-lumière, l'enfant-cadeau, et mon Namoureux. Un tableau idyllique, s'il en est, mais inévitablement chahuté par le quotidien, un boulot dans lequel je ne suis pas heureuse, les interrogations, les aspirations contrariées, la mort de ma mère, les rêves de voyage inassouvis, les piles de livres que je n'ai pas lus, les bougies qui s'amoncellent sur le gâteau d'anniversaire ...
Une idée sous-tend donc ce blog :
dénicher, chaque jour, le petit moment de la journée qui donnera sa couleur à tous les autres ...
Et vous, quel petit bonheur avez-vous déniché aujourd'hui ?


