15 mai 2008
Silence, ça pousse ...
Hier soir, la pluie annoncée n'étant pas tombée, mon Namoureux et moi avons fait un saut au jardin, histoire d'abreuver nos jeunes plants ... Nous arrosons, et les parfums de la terre montent jusqu'à nous.
Le soir qui tombe ferme les fleurs et pose un voile de lumière bleue sur la campagne alentour.
A l'autre bout bout des jardins, une joyeuse troupe s'active autour d'une sardinade.
Dans un moment, la nuit nous ramènera à nous, jardiniers rêveurs devant nos carrés miniatures ...
13 mai 2008
Marseillaise
Trois jours marseillais, pour chanter, avec d'autres, pour d'autres. L'enfant-cadeau en tête à tête avec son père.
Les premières heures sont difficiles, un peu de culpabilité, un peu de regrets.
Et puis, je m'y fait. Je me surprends à ne plus compter les heures, à cesser de prévoir, d'organiser.
Traverser Marseille à pieds la nuit, parce qu'on a raté le dernier tramway; passer une matinée au marché de la Plaine, avec ses allées bondées, ses vendeurs qui vous interpellent, qui vous déballent leurs histoires avec bagout et sourires; mille visages croisés; marcher sur la Canebière déserte, à l'heure du match, les cafés avec leur écran géant et tous ces gens agglutinés devant qui vous feraient croire que c'est la coupe du monde qui se joue; le port, tout en bas, et ses énormes cargos chantants.
C'est une ville débordante, de bruits, d'odeurs, d'ordures aussi par endroit; une ville qui, peu à peu, fait reculer ses pauvres derrière ses portes. Marius, Panisse et les autres ne sont plus vraiment là, mais qu'importe. Les vrais habitants de Marseille, d'où qu'ils viennent, ont la ville chevillée au corps. Ils la portent avec fierté, comme s'ils y étaient nés.
Je garde en moi son battement de coeur, si particulier; une chamade, un oiseau bigarré; un tambour.
Peinture d'Alexandre Roche (www.galerieroche.com)
09 mai 2008
A celle "qui me lit tous les jours" ...
Merci pour ce cadeau, cette surprise m'a beaucoup touchée ...
Avec ce livre de maitres-jardiniers, Tomates, Concombres, Courgettes et compagnie, vous n'avez qu'à bien vous tenir !
Je viens de mettre en terre les derniers plants, j'ai semé les radis, et j'ai mis aussi quelques fleurs pour que ce soit plus beau : capucine, mauve, verveines ...
Encore une chose à faire : fabriquer des supports en roseaux pour permettre à mes tomates, concombres et autres de grimper vers le soleil ...
07 mai 2008
Tous comptes faits ...
Ca y est, je change de vie. Ils ont dit oui. Un nouveau boulot, une nouvelle aventure; encore un fois, je saute à pieds joints dans l'inconnu. Les doutes et les peurs m'assaillent; je les ignore tant bien que mal, en me persuadant que c'est une bonne chose ... Voici venu le temps des négociations, des tractations; mais voici aussi venus les temps nouveaux, ceux qui vont me voir aller à pied, tous les matins, à mon bureau; amener l'enfant-cadeau à l'école; rentrer chez moi manger le midi; ne plus prendre la voiture; surtout, m'investir dans quelque chose de neuf et y puiser une nouvelle énergie, qui me tiendra loin de l'amertume, de la frustration, de l'insatisfaction. Je délaisse les choses matérielles pour une meilleure qualité de vie. Et il y a fort à parier que je serai gagnante, tous comptes faits ...
06 mai 2008
Naufrages
Ta mort est une île, au bord du bout du monde, nimbée de nuit; je m'y échoue souvent; le coeur au creux de la vague, ou rejeté par une mer intérieure démontée, ces naufrages me laissent démunie, défaite; je contemple, hagarde, ces plages de silence noir; je cherche un abri dans le souvenir de ton rire, de ta voix, de tes bras chauds jusqu'à ce que l'ouragan passe.
Je voudrais croire qu'il y a des ponts pour aller jusqu'à toi, mais le ciel n'a pas d'oreilles.
(www.aquarellissime.fr)
05 mai 2008
Au bonheur des jardins ...
C'est le nom d'une manifestation qui a lieu chez nous tous les ans et qui dure 2 jours ...
Le samedi, c'était la bourse aux plantes; les gens y échangent plants, semis, graines, outils. C'est du troc, aucun argent ne circule. Quand les échanges sont terminés, ils font don de ce qui leur reste à qui le veut. J'ai ainsi récupéré des plants de tomates noires, d'autres de tomates vertes, une capucine et une sauge ...
Le dimanche, des ateliers pour les enfants sont organisés sur le thème de l'eau, et des jardiniers professionnels exposent et vendent des plants de légumes, bio pour la plupart; des espèces rares ou communes, des graines. Des dames en tulle, montées sur des échasses, arrosent les enfants sur leur passage, et l'accordéon nous suit partout. J'ai fait mon marché de plants de tomates, d'aubergines, de poivrons, de concombre, de salades et d'aromates divers et variés destinés à mon jardin à moi, tandis que l'enfant-cadeau regardait le "pestacle" en battant des mains et que mon Namoureux, changé en sherpa pour l'occasion, s'arrangeait pour goûter la bière artisanale d'un producteur local ...
02 mai 2008
Porte-bonheur
Jeudi 1er mai. Jour de marché. Le soleil comme une récompense.
Le petit pois, la fève, l'asperge, la fraise de pays, jouent les vedettes; et, comme si cela ne devait pas suffire, des bouquets de basilic en pleine feuillaison accrochent le passant insidieusement ...
Le pépinièriste me choisit quelques verveines et deux ou trois pots de lobellias, et m'offre un géranimum.
Une fête, un brin pique-assiette, semble s'être invitée. Les gens ont le sourire hissé au niveau des oreilles, les bras en chemise et les jambes à l'air; les enfants courent et trainent leurs rires derrière eux; à la terrasse du glacier, la rumeur chuchotte et le vin blanc parle fort. La petite vendeuse de muguet s'est installée au coin, tout au bout de l'esplanade; elle a dû commettre le crime parfait pour qu'aucun concurrent ne soit visible à 200 mètres à la ronde, car elle fait fortune.
L'enfant-cadeau, juchée sur les épaules de son grand-père chagrin, sirote un jus d'ananas. C'est la reine du monde. En catimini, elle l'a déguisé en porte-bonheur.
28 avril 2008
Un dimanche au jardin
Le temps est idéal, et tandis que les villageois regardent passer le corso du carnaval, au son d'une musique techno abrutissante, nous filons en douce. L'endroit semble quasi désert mais quelques autres échappés sont là.
Mon namoureux décide de passer une dernière fois le motoculteur; pendant ce temps, j'assemble mes planches pour en faire des carrés. Je prépare les piquets pour tirer un cordeau, car il faut qu'ils soient bien alignés les uns par rapport aux autres, pour que ce soit joli à l'oeil; l'anarchie viendra plus tard, elle s'organisera et s'épanouira à l'intérieur des carrés ; l'enfant-cadeau a dégainé un tournevis et joue à bricoler. Une jardinière d'un certain âge, dont la parcelle est à quelques dizaines de mètres de la nôtre, vient vers nous; elle voit depuis tout à l'heure mon Namoureux peiner avec sa machine, et, en toute gentillesse, lui suggère de relever les roues au maximum pour que la bête avance mieux...
Une conversation s'installe, elle s'appelle France, cultive son lopin depuis des années, et se dit disposée à nous prodiguer de précieux conseils. Le partage comme philisophie.
L'enfant-cadeau lui prête son arrosoir. Voilà. Le pacte est scellé.
24 avril 2008
Douceurs du soir
Je rentre tard, après une journée tendue, dans l'attente de ce coup de fil qui ne vient pas.
L'enfant-cadeau est en vigie sur le balcon. Doudou dans un bras, bébé dans l'autre, elle attend patiemment. C'est son cri de joie qui m'accueille, avec dedans l'attente de toute une longue journée; mes tensions, telle une volée d'étourneaux, s'envolent aussitôt. Une odeur d'épices flotte dans la maison.
Curry de thon au miel d'orange
Mon Namoureux a cuisiné pour moi, ce soir, et m'attend avec un verre de vin.
De son côté, l'enfant-cadeau s'affaire autour de sa cuisinière miniature et me mitonne un plat de carottes en bois orange vif, qu'elle me sert aussitôt.
L'enfant-lumière dépose un mot doux au creux de mon oreille.
Toutes ces douceurs me réaniment ; et j'éprouve une reconnaissance infinie pour la patience et l'attention qu'ils me témoignent.
22 avril 2008
Reprise
A la veille de reprendre le chemin du bureau, la maladie me saute littéralement à la gorge, et m'éteint la voix au passage; des frissons m'assaillent et trois couvertures sont à peine suffisantes pour me réchauffer. Et tandis que, secouée par des quintes de toux, je rends doucement l'âme, la vérité se pose là, évidente : ce n'est pas une angine, ni même une grippe, que le temps humide et froid de ces derniers jours aurait par ailleurs pu provoquer; c'est le syndrôme de la reprise.
Comme l'enfant-lumière qui, tout au long de l'école primaire, déclenchait symptômes inquiétants et pics de températures à la veille de retourner à l'école, me voilà à mon tour face à cette évidence : je ne veux pas y aller.
Il suffirait de peu, pourtant, pour que ma vie professionnelle, et donc ma vie tout court, bascule; cet entretien d'1h30 lundi dernier m'a fait entrevoir d'autres horizons : travailler à 100 m de chez moi, avec une motivation nouvelle, des gens nouveaux, un métier nouveau ... Depuis, mon téléphone ne me quitte plus, et je dors mal...
Je collectionne les trèfles à quatre feuilles et les doutes, les fers à cheval et les questions, les brins de muguets et les coups de blues. J'attend que la chance tourne.









